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October 31 Californie 2008Une semaine sans me réveiller dans les bras de mon précieux habibi , oh non.
Avant de partir, j'avais cette appréhension.
Mais quitter pour présenter mon poster de recherche sur les Amazoniens en prenant l'avion vers le sud pour une durée presqu'égale à un vol Montréal-Autriche a quand même eu ses avantages.
Il a fait 30 degrés Celsius toute la semaine avec un ciel d'un bleu insensé sans nuage.
Nous avons visité Hollywood, Beverly Hills, MGM, the walk of fame - plutôt décevante en fait et en plus tout le monde piétine les étoiles des stars sur le trottoir. Des noms de stars qui nous étaient inconnus pour la plupart.
Nous avons assisté à des conférences fort intéressantes - je reste une nerd ! Quoi de plus nerd en fait qu'un regroupement de bols à lunettes (plus communément appelés des Eye Doctors là-bas et au Québec, des optométristes), une convention de nerds à lunettes donc qui prescrivent des lunettes.
Nous avons visité un vignoble californien et ensuite, probablement un peu ivres mais pas d'alcool, plutôt de soleil, nous nous sommes baladés sur la plage - Laguna Beach. L'eau était trop froide pour s'y baigner, mais quel soleil à se souvenir en marchant nus pieds sur le sable doré avec comme trame sonore, les vagues dansantes de l'océan Pacifique...
Puis il nous a fallu revenir.
J'ai dû comme d'habitude attraper un rhube à en perdre la voix dans l'avion minuscule.
Hayété a trouvé ma voix rauque d'enrhumée très sexy... je n'ai jamais compris ce qu'il y a de sexy dans une voix qui résonne le mal de gorge. Le malheureux, je l'ai contaminé.
Et le Québec a reçu sa première neige avant l'Halloween.
Il y a de ces jours où je me demande pourquoi les premiers explorateurs français ne se sont pas trompés de chemin un peu plus au sud du Québec...
Vivement le Liban en décembre! September 10 En villeBonjour ! un petit mot pour aviser que je suis de retour en ville. Vienne et Prague sont de fort jolies villes. Vienne, c'est son histoire liée à la musique classique, à l'opéra et au ballet, faisant la fierté des Viennois. C'est aussi le chocolat, les sachers torte, le café viennois (même pour moi qui ne boit plus de café depuis 2 ans) à ne pas manquer, des musées, des châteaux et des églises magnifiques. Toutefois pour le nightlife... humm passons, de même que pour la cuisine locale... le wiener schnitzel et le goulash ne nous ont pas plu! Je préfère par contre Paris à Vienne même si Vienne reste très belle, il y a plus de choses à voir, la cuisine et la vie nocturne semblent meilleures. Prague est plus petite et certes très mignonne avec ses cristaux, ses grenats, ses marionettes faites à la main et sa verrerie hétéroclyte partout. Il y règne une atmosphère médiévale mystérieuse, avec une histoire liée aux alchimistes. Il y a là aussi des châteaux et autres bâtiments multicolores et beaucoup de spectacles de musique classique proposés. On y fait rapidement le tour en environ trois jours par contre. Pour les photos, voyez l'album dans la section photos : Vienne & Prague 2008. Prochaine destination, probablement le Liban pour les fêtes de fin d'année et l'Égypte en janvier. Voilà August 15 Aide humanitaire : Vosh Québec 2007-2008 (avec padre Labine)SVP faire suivre *** Projets VOSH-Québec 2007-2008 (Volunteer Optometric services to Humanity)
LaBarca Mexique le 16 novembre 2007
Sénégal 17 janvier 2008
Maroc début mai 2008
Equateur juillet 2008
Mexique novembre 2008
***
Alors finalement, pour ma part ce sera peut-être le Maroc en mai 2008, mais à confirmer, puisque c'est dans longtemps. M'écrire pour plus d'infos si intéressés par certains projets. Voir également ces sites web : VOSH Québec : http://www.vsantacruz.org/fr/ VOSH international : http://www.vosh.org/
March 27 De retour du Sahara - mission Tunisie, être yeutiste sans aucune frontière... ou presque !!!Alors finalement je suis de retour d'un périple de deux semaines au pays des dromadaires.
Je n'ai pas pu vous écrire personnellement tel que promis. C'est qu'en Tunisie, on m'a expliquée que plusieurs choses sont sous contrôle gouvernemental, notamment Internet. Il était très difficile de trouver un poste informatique branché et lorsque c'était le cas, le réseau s'avérait extrêmement lent. Là-bas, les cafés Internet n'existent vraisemblablement pas...
Nous avons décollé de Montréal le 10 mars et nous avons commencé la clinique dès le lendemain matin de notre arrivée à 7h30 dans la ville de Nefta en Tunisie, un petit oasis perdu dans le désert... Ouch pour le réveil plutôt raide avec les 5h de décallage horaire! Aussi, malgré une lettre d'autorisation spéciale, on nous a confisqué temporairement nos caisses de lunettes usagées à l'aéroport de Tunis pour 48h, ce qui nous a retardé dans notre travail auprès des populations. Nous avons manqué annuler la mission faute de lunettes usagées à redistribuer et lorsque nous étions sur le point de tout remballer et quitter la place, miraculeusement nos boîtes nous furent parvenues.
Et puis ensuite, nous fûmes ''accueillis'' puisque c'est un grand terme pour l'accueil mauvais, par le club des Rotaries de Tunisie. Nous avons entrevu un homme se disant le représentant à notre arrivée à l'aéroport de Tunis. Il nous a pris en photo, ça paraîtra bien dans les journaux tunisiens j'imagine, puis il s'est enfui aussi vite que son flash de caméra, en nous laissant pour compte. Habituellement dans ce genre de mission, le représentant qui nous accueille reste avec nous pour s'assurer du bon déroulement de la mission et aussi de coordonner notre sécurité puisque les lunettes peuvent être volées, pendant toute la durée du séjour...
Notre clinique d'optométrie se déroulait dans un hôpital. Le directeur de cet hôpital a affirmé qu'ils avaient été avisés de notre arrivée seulement deux jours à l'avance, alors que l'information avait été envoyée depuis 6 mois, soit septembre 2006... Ça commençait bien mal. Ce sont les employés de cet hôpital qui se sont littéralement appropriés tous les tickets remis pour passer des examens de la vue, plutôt que de les distribuer aux gens défavorisés. Nous avons donc examiné trop de gens aisés ou à tout le moins en mesure de se procurer par eux-mêmes une paire de lunettes... Assez frustrant ! D'autant plus que ces pharmaciens, infirmières et autres se permettaient de faire les becs fins sur les lunettes usagées remises gratuitement. Dans ce genre de mission, nous disposons toujours de traducteurs pour toute la journée. Les nôtres nous ont laissé tomber lorsqu'ils ont réalisé que nous refusions de passer des examens à tous leurs amis et familles et clan au complet plutôt qu'aux véritables nécessiteux. Ils nous étaient sympathiques que seulement s'il y avait quelque chose à soutirer de nous... sinon nous devions subir leurs mauvaises humeurs suite à notre refus de céder à leurs demandes abusives. Des opportunistes profiteurs !
Nefta est une ville d'environ 22 000 personnes et nous avons toutefois dépisté environ 6 000 personnes, dont plusieurs défavorisées qui avaient réellement besoin de notre aide. Là-bas, il y a beaucoup de mariages entre cousins directs, je crois que ce n'est pas étranger à toutes les prescriptions bizarres et aux fortes amétropies auxquelles nous avons fait face. Il y avait aussi un nombre effarant d'enfants souffrant de strabisme ou d'amblyopie. Nous avons fait du dépistage dans les écoles, dont celle de Hazoua, un petit village pauvre près de la frontière algérienne. Mais à chaque fois, la même histoire se répétait. Les professeurs se présentaient à nous par dizaines. Au début, j'ai cru qu'ils venaient nous donner un coup de main avec les élèves. Mais non ! ils voulaient plutôt se faire examiner au détriment des enfants. On ne peut pas examiner les 22 000 personnes de là-bas et qu'il faut donc prioriser les besoins : les enfants et les gens âgés... Il nous fallait remballer nos choses et quitter avant que ces professeurs fassent venir les enfants vers nous... Finalement, nous avons certainement aidé de nombreuses personnes dont des enfants, des personnes âgées et des Berbères assez nécessiteux, mais nous étions bien amers face à l'accueil qui nous fut réservé par les responsables tunisiens de notre mission.
Et puis enfin le dernier jour, nous avons rencontré l'ultime responsable de toute cette mauvaise organisation, un médecin membre des Rotaries, le Dr Zargouni ou Zargoui ? Il n'avait pas réservé notre hôtel suffisamment longtemps pour toute la durée de notre séjour et nous avons été obligés de trouver un autre endroit pour les deux dernières nuits à Nefta, un long congé férié donc tout était complet. Nous avons donc passé la dernière nuit dans un horrible endroit, un dortoir d'une auberge de jeunesse. À noter là-bas que ces endroits sont réputés pour être insalubres. L'eau courante et la toilette ne fonctionnaient d'ailleurs pas pour corroborer les écrits des livres touristiques sur la Tunisie qui déconseillent fortement à tout voyageur d'y passer la nuit. Juste avant cette pénible nuit aux odeurs épouvantables, notre gentil médecin a eu la ''délicatesse'' de nous organiser une fête d'au revoir à sa gigantesque demeure au luxe indécent comparativement aux conditions de vie du Neftien moyen : un buffet d'excellente cuisine tunisienne à son palais. Il avait invité des gens qui semblaient importants et nous avons mangé ''avec eux''en deux groupes séparés, puisque ces Tunisiens ne se sont pas mêlés à nous. Nous sommes ensuite repartis à pieds pour gagner notre dortoir miteux pendant que lui devait se prélasser dans son château, et par sa faute en plus, parce que nous étions tous prêts à payer très cher si nous avions pu être relogés ailleurs. Il n'avait pas fait son travail de réserver l'hôtel pour notre groupe assez à l'avance et les hôtels étaient tous complets en cette soirée à cause d'un congé férié... J'espère ne plus jamais rencontré un personnage aussi opportuniste que cet affreux docteur Z. qui a tiré un prestige certain à avoir ''organisé'' notre mission à Nefta auprès de son gratin.
Après cette première semaine de clinique forte en émotions pas très positives, nous avons visité le désert et plusieurs villes de Tunisie : Tozeur, Matmata, Chenini, Sousse, Tunis, etc. La Tunisie est un beau pays, mais j'ai trouvé dommage qu'on gâche des ruines vieilles de plusieurs siècles par des boutiques attrape-touristes tout juste à côté. Des enfants nous poursuivaient parfois dans toutes les villes visitées, en quémandant des stylos et lorsque nous leur avions tout donné à Nefta, nous nous sommes faits lapider. Ils nous ont lancé des cailloux et passaient près de nous en crachant au sol. Pas très sympathiques... Et le rapport entre les hommes et les femmes est très différent de celui de Montréal, même si on rapporte que la Tunisie est l'un des pays de l'Afrique du Nord le plus ouvert. À Nefta, il y avait très peu de femmes dans les rues et les cafés n'étaient occupés que par des hommes. Je n'aurais pas osé m'y aventurer sans mes compatriotes masculins. La plupart des Neftiennes portent le voile et certaines refusaient de se dévoiler lorsque venait le temps de leur ajuster leurs lunettes derrière les oreilles... même par d'autres femmes, dont moi et malgré l'encouragement logique (et non lubrique) des hommes assis à côté. Un choc des cultures ! À Tunis par contre ou dans d'autres villes plus importantes, il n'était pas rare de voir des femmes sans voile et occuper des emplois comme policière ou autre traditionnellement réservés aux hommes.
Et puis encore une fois, j'étais l'extraterrestre, la seule fille blonde parmi notre groupe de Canadiens et de presque tout Nefta. J'ai opté plusieurs fois pour me recouvrir les cheveux, les Neftiens étaient parfois harcelants. J'ai eu droit à plusieurs surnoms, outre le typique gazelle nordique (là-bas, on dit gazelle comme on dit nana en France), mais aussi Shakira sans même qu'ils sachent que je danse le baladi. Enfin, ce n'était pas méchant, seulement énervant que d'être l'animal rare après deux semaines ainsi. La célébrité ne m'irait définitivement pas bien.
Voilà pour mes nouvelles aventures au milieu de nulle part pour le moment.
Conclusion : si je retourne en Tunisie, parce qu'on y danse bien et que les dromadaires sont tout de même craquants, le désert magnifique et le couscous excellent, ce ne sera pas pour soigner des yeux, mais plutôt pour me prélasser en vraie touriste sur une plage au bord de la mer. Il y a tout de même des limites à profiter de notre aide humanitaire !
December 06 Montréal 8 août 2006Salut amigos, alors ceci est donc le dernier courriel que vous recevrez de mes aventures. C'est que comme je suis revenue en ville (mais pas encore fonctionnelle toutefois, ne me submergez pas tout de suite !!!), je n'apprécie pas les relations par Internet, plutôt froides vous comprendrez, sauf lorsque c'est tout ce que l'on possède comme moyen. Je me sens plutôt ingrate, puisque je surnage dans les banales choses du quotidien à régler suite à mon absence (paiements opto à compiler, factures, condo, démission d'un bureau pour changer pour mieux, vous connaissez...). C'est comme s'il y avait eu un trou temporel noir pour moi, donc j'ai moins de motivation à vous raconter mes trois dernières journées, deux à Rio et une dernière à visiter Sao Paulo avec un Paulista. De toute façon, je pourrais vous rendre jaloux et ce serait de toute évidence plus agréable en personne autour d'un verre ou d'un déjeuner tardif, avec du sirop d'érable comme il n'y en a pas au Brésil... c'est aussi que je deviens toute heureuse avec un rien depuis mon passage en Amazonie ! Pour ne pas conclure platement, parce que je n'ai pas cette méchanceté de vous laisser en haleine, voici je m'efforce d'abréger : Samedi Les pieds dans les vagues de Copacabana le matin et deux caipirinhas avec Fernando pendant que Candace magasine. Visite du Corcovado et fuite de la boîte à touristes pour assister à un match de soccer au Maracana (c'est qu'ils sont fous ces Brésiliens...). Blanc de mémoire pour le soir, je vous laisse imaginer... Dimanche Encore des plages, Ipanema et Copacabana. On a assisté à un spectacle de danses locales le soir, vraiment bien. Souper avec Fabio aussi, à Lappa. Lundi Arrivée matinale à Sao Paulo où nous devions prendre notre vol de retour en soirée. Visite de la ville avec Fernando. Elle est un peu moins laide, mais toujours aussi monstrueuse à mon avis et le musée était fermé le lundi. Mardi Arrivée à Montréal enfin !!! après 18 heures dans les avions et les aéroports, avec nos tronches de déterrées vivantes. C'est que c'est très loin Sao Paulo et qu'on ne dort pas bien dans les sièges d'Air Canada, malgré le vin rouge et les habituels Gravols. Conclusion de mon voyage (et oui encore): - si quelqu'un vous invite en Amazonie, préparez-vous à une vie moins choyée qu'à Montréal ou abstenez-vous. N'imaginez pas que c'est une terre de rêves et pour les gars, les Amazones ne sont plus qu'un fantasme. - Rio est surnaturelle et magique, ce que j'aimerais y retourner, mais elle est tellement loin !!! - Je me demande si c'est l'endroit où nous habitons qui influence notre personnalité ou si ce sont les gens qui font l'esprit d'un endroit (parce que les Cariocas sont de bien drôles de personnages et les Paulistas au contraire, tellement sérieux, que dit-on des Montréalais?). Voilà, c'est finalement tout. À bientôt enfin en français. Quand je cesserai de mélanger le français, l'anglais et le portugais, j'imagine que ça signifiera que je serai vraiment fonctionnellement de retour, je vous aviserai. Pour la crémaillère, je prévoie plutôt septembre, juste avant mon anniversaire exprès pour vous faire sentir coupable si vous ne venez pas. Je vous aviserai de cela aussi. Annie Rio de Janeiro 5 août 2006Alors, oui je suis toujours en vie et non on ne m'a pas enlevée et vendue comme esclave... même si je ne vous ai pas écrit depuis mercredi. C'est que j'étais trop captivée par Rio. Nous n'aurons définitivement pas le temps de tout voir en une semaine ici. Pour la suite : Mercredi : je ne me souviens pas tellement... c'est que je perds encore ma perception spatio-temporelle en voyage. Nous avons passé une nuit bruyante et infernale à notre pousada suggérée dans mon guide, mais que je ne recommande pas !!! puis changé d'hõtel à la suggestion de Fernando, beaucoup mieux pour 5 $ de plus... Nous avons passé la journée avec les copines de Candace qui rentraient à Montréal ensuite. Le soir, nous nous sommes empiffrées d'excellents sushis pour presque rien dans le quartier Leblon, très beau. Jeudi : Fernando nous a finalement rejointes. Nous avons lunché dans une chouraskaria? Nous avons visité le Pao açucar (montagne en forme de pain de sucre, filmée d'ailleurs dans un des films du 007). Évidemment avec lui, en soirée on se devait d'aller prendre une caipirinha dans un endroit où ils chantent et dansent le samba. Nous avons abouti au Sacrelium? connu ici, dans une partie plus recommandable de Lappa. La chanteuse et les musiciens étaient vraiment talentueux, l'ambiance chaude mais sans prétention, et puis tous dansaient, sauf Candace et moi. C'est que je ne ne me sentais pas de taille comparée aux Cariocas... Rio me rappelle un peu Montréal où il y a une foule de petits endroits chouettes un peu partout qu'on ne trouve pas nécessairement au premier regard, puis l'architecture se définit par un mélange d'influences, du Portugal évidemment, mais aussi de la France. Il y a aussi de jolies montagnes et l'océan en plus et nous sommes en hiver avec 22 degrés ensoleillés aujourd'hui... Hier vendredi, détour à la policia federal pour enfin finaliser nos visa. Mieux vaut tard que jamais, car nous ne voudrions pas rester prises à l'aéroport de Sao Paulo lundi. Je vous épargne les détails vraiment burlesques de la bureaucratie brésilienne. Une chance que Fernando nous accompagnait pour la langue. Ensuite á notre sortie, nous sommes allés luncher, il était 17h vous imaginez... à la Confeitaria Colombo. C'est une confisserie qui date de 1890 vraiment impressionnante. Il y a des miroirs avec des boiseries travaillées hautes de peut-être 6 m partout. Je me suis sentie comme dans l'un des décors d'Alice au pays des merveilles. Nous avons terminé la journée en faisant les boutiques de musique locales et en buvant des noix de coco sur la plage. Voilà, Fabio qui habite ici nous rejoindra tôt demain. Le temps passe trop vite ici, Rio est magique et ce n'est même pas le bon temps pour la visiter. Il me faudra revenir. À trop bientôt, Annie Rio de Janeiro 1er août 2006Lundi 31 Apres vous avoir ecrits hier, nous nous sommes baladees sur les pages de Copacabana et d Ipanema, puis aux alentours. Rio est une ville vraiment extraordinaire. Encore de ces extremes bresiliens. Autant j ai deteste Itaituba et je ne voulais plus jamais revenir au Bresil, autant je me dis qu il ferait bon vivre ici tellement les paysages sont superbes et l ambiance, simplement bonne. Mis a part les injustices sociales criantes de la societe bresilienne, je crois bien que je dois avouer de mauvais gre que Rio est plus jolie que Montreal, pour ses plages, pour ses dizaines de petites montagnes hautes et pointues en bordure, pour tous ces commerces, bar et resto parfois vraiment dissimules. Nous avons celebre notre retour a la civilisation comme il se doit avec des petits plaisirs feminins simples, mais combien ca fait du bien... Apres notre balade sur la plage, nous avons lunche a 15h dans un resto au bord de la mer. Enfin on pouvait decider de l heure de nos repas. Il y avait a la table d a cote, ce que l on appelle ici un gringo, un etranger rouquin aux yeux bleus presbyte depuis longtemps, pas tres beau et trop vieux pour nous, accompagne de deux minuscules filles bresiliennes d environ 12 ans, donc certainement plus jeunes en realite. On a eu un choc quand on a constate que l une d elle avait son pied entre les jambes du monsieur et faisait vous imaginez quoi, en ce resto quand meme chic. Ce fut difficile de refrener mes envies de me lever et de trebucher sur la chaise de la fille afin que son pied s enfonce brutalement dans la chaire flasque gringoeste... quel con !!! Puis un peu degoutees, nous sommes allees magasiner les bikinis bresiliens avant l arrivee de Fernando tout de meme, puis les souvenirs et surtout nous occuper de nos propres pieds. Apres la marche dans la foret amazonienne pieds nus, ils etaient eprouves, donc pedicures et manucures pour nous deux. Ce n est vraiment pas dispendieux ici et nos ongles ont maintenant l air de bijoux. Le soir, on est allees au cine, car on etait fatiguees. Ca faisait bien depuis debut mai que je n avais pas regarde de film. Les films locaux ont vraiment l air tres interessants, mais nous n y aurions rien compris en portugais. Les films americains ne sont pas traduits, donc en anglais avec sous-titres. Aujourd hui mardi, nous rencontrons des amis de Candace de passage ici aussi depuis 6 mois. C est dire qu ils connaissent plus la ville et la langue que nous. Fernando est encore suppose nous rejoindre, mais demain seulement, on verra... On ne deplacera pas nos vols plus tot par contre, avec ou sans lui. C est assez chouette ici, d autant plus que ca prendrait beaucoup plus qu une semaine pour tout visiter avec les alentours. C est meme un endroit ou j aimerais revenir en ete (hiver quebecois) un de ces jours, s il y a des volontaires ? Amazonie 31 juillet 2006Dimanche 30 Nous nous sommes encore réveillées tôt, mais c'était pour une bonne cause, notre vol de départ d'Itaituba !!! Enfin le retour à la civilisation, de l'eau chaude et de l'eau presque propre pour la douche, un lit et un oreiller confortable plutôt que ce nid de brousse pour dormir... Nous avons repris ce petit avion qui fait aussi la livraison de lait jusqu'à Belém. Nous avons pu regarder des airs une dernière fois le paysage amazonien en notant l'embouchure du Rio Negro où les eaux sont de deux couleurs, noires à cause des plantes à caoutchouc et jaune limoneuse d'un autre cours d'eau. Carlos m'a dit qu'ici, ils surnommaient notre compagnie aérienne Rico, Risco... J'ai encore angoissé à chaque décollage et atterrissage... Sur le long vol de Belém-Sao Paulo-Rio, nous avons encore eu des retards. Un gars de Belém était assis à côté de moi de jusqu'à Brasilia, la capitale du Brésil. Il ne connaissait pas Itaituba malgré ma carte du Brésil et il était très surpris que nous puissions sortir de cette ville par avion. Il m'a dit que dans ce genre d'endroit, habituellement il y eut d'abord le fleuve, puis le port, une église et enfin quelques maisons. Il avait raison... Puis à notre transit de Sao Paulo- Rio, il y a eu des problèmes avec notre vol. Nous avons fait la connaissance d'un groupe de musiciens qui revenaient d'un show de presque aussi loin que nous, à quatre heures de route de Belém... Ils s'appelaient les Biquini..machin et l'un d'eux parlait français-anglais-portugais-espagnol. Ça passe le temps de discuter enfin en français. Il a dit qu'on sortait du plein coeur de la forêt lorsque je lui ai montré d'où l'on venait sur ma carte. Finalement, rendues à Rio, nous étions sensée rencontrer Jean Remy, de l'université de Rio, à l'aéroport pour lui remettre une valise précieuse contenant des résultats de recherches, des données et du matériel, mais comme nous avions trois heures de retard, plus de Jean Remy. Nous avons pris un taxi jusqu'à l'auberge, qui était correcte. Notre chauffeur de taxi faisait semblant de savoir où il s'en allait et on s'est perdues dans Rio. Lorsque je lui montrais mon plan, il simulait la compréhension soudaine, mais dans la pénombre de la voiture avec ses 40 ans dépassés sans lunettes de lecture, il ne savait pas que nous savions qu'il était presbyte et qu'il n'y voyait rien... Comme nous ne pouvions que marmonner le portugais pour les directions, ce fut toute une histoire de gagner enfin nos lits. Il a bien dû interroger tous les gens des restaurants du coin. Bref aujourd'hui ce matin je vous écris de Rio, qui m'apparaît une ville vraiment intéressante et magnifique. C'est l'hiver, les Cariocas sont plutôt frileux. Il faisait 15 degrés hier à minuit et les gens se plaignaient, mais il est vrai qu'on était tout de même avec des Amazoniens. Aujourd'hui, c'est gris telle que Montréal sait l'être. La température est d'environ 22 et les gens se plaignent encore. Nous on trouve que c'est juste confortable, enfin. Ici l'hiver est comme un juin Montréalais je crois. Nous avons des problèmes de communication avec Fernando que nous n'arrivons pas à rejoindre et notre rendez-vous avec lui est sensé être demain... Il se peut donc qu'on rentre plus tôt que prévu si on n'a pas de nouvelle de lui. On verra, je vous réécrirai. Amazonie 29 juillet 2006Alors voilà, notre mission est vraiment terminée et nous avons tout embalé. Il était temps, la ville entière nous harcelait et faisait la file pour avoir des examens ici ophtalmologiques, gratuits. On est presque rendus célèbres, on se fait reconnaître sur la rue maintenant depuis le reportage sur notre équipe. Puis, ce n'est pas évident de devoir refuser les gens qui ne participaient pas à l'étude, mais on ne peut examiner tout le monde, sous peine d'épuisement... Surtout qu'une autre bonne raison de partir est qu'on est maintenant qotidiennement malades à cause de la nourriture non adaptées à nos corps de nordiques. Je ne réalise pas encore que tout ça est déjà du passé. C'est comme si j'étais prise à travailler bénévolement ici pour toujours, pour demain et encore demain sans fin. Mais demain, ce sera une journée passée dans les avions. On verra bien. Amazonie 28 juillet 2006Je vous écris juste après un drame animalier. Une chauve-souris s'est introduite dans la casa. Maria et moi voulions la faire sortir indemne dehors et Donna Conci, notre cuisinière, l'a assommée d'un coup de balai. C'est alors que Carlos a achevé le meurtre avec son rugissement de lion culturel. Nous étions bien peinées du traitement de la mignonne chauve-souris, sauf lorsqu'on nous a expliqué que celles qui recherchent la proximité des humains sont souvent porteuses de la rage. Elle nous est apparue soudainement moins mignonne... Je préfère maintenant le petit lézard gélatineux qui fait de l'escalade sur le mur en face de moi. Je n'ai plus les chatons, que voulez-vous. Et bien voilà, enfin ou déjà, notre mission à Itaïtuba tire à sa fin dans un peu plus de 48 heures et nous nous envolerons pour Rio. Finalement, Fernando a réservé pour nous un petit studio à Copacabana et il viendra nous y rejoindre mardi. Nous sommes à deux pas de cette célèbre plage où nous prévoyons ne rien prévoir pour au moins une ou deux journées. C'est que nous sommes épuisées et donc ce sera un repos bien mérité. Aussi, nous sommes vraiment impatientes de regagner nos petites routines de Dres choyées par la vie montréalaise, le 8 août. Pour ma part, j'ai choisi de changer encore de bureau pour faire moins de route. J'irai un peu avec Maroun qui vient d'acquérir une clinique Mont-Royal et St-Denis qu'il a fait j'espère, rénover. Mél. T. écris-moi ce qu'elle a maintenant l'air. J'ai mon petit condo à m'occuper et tel que promis, je dois vous inviter, mais probablement pas pour le mois d'août. J'ai besoin d'un peu de solitude après cette multitude constante qui m'aura pour le moins marquée. Si je fais une rétrospective, voici ce qui m'aura marqué de l'Amazonie et du Brésil : - Évidemment les amigos d'Amazonie, de Rio, d'Iberon, de Baltimore et même de Montréal. C'est chouette de connaître des gens si étrangers, mais si semblables. - Il n'y a presque plus de forêt amazonienne, quel drame planétaire ! Les forestiers sont des énergumènes exploiteurs et les gens, de pauvres bougres sans éducation peinant pour leur pain. On ne peut surtout pas leur faire la morale, puisqu'on a fait de même au Québec. - Tout y est sablonneux, chaud, humide, sale, infesté d'insectes gigantesques et de vautours. L'environnement y est malodorant la plupart du temps et envahi de moisissures. Vivement nos hivers tueurs de germes. - Les injustices sociales : soit qu'on y est extrêmement riche ou extrêmement pauvre. Il y a peu de milieux entre les deux. - Le rapport entre les sexes. D'abord, ces femmes guerrières, les Amazones, n'existent plus. Elles ont évolué avec les siècles en leur opposée. Des femmes soumises avec ce paradoxe des poupounes amazoniennes : qu'elles soient grosses ou minces, elles sont toutes habillées pareilles, des clônes. Elles portent des mini-mini-jupes et des décolletés jusqu'au nombril avec des talons aiguilles dans le sable comme dans l'avion. À Montréal on les jugerait indécentes mêmes si elles vont à l'église à tous les dimanches. Puis les machos brésiliens : les gars se doivent de toujours prendre toutes les responsabilités sinon ils ne sont pas perçus comme des hommes. Pour eux les femmes sont un peu inférieures, fragiles, mais ils les traitent comme des princesses précieuses par contre. Ça a des avantages et des inconvénients pour l'avoir vécu. Les Brésiliens m'ont d'ailleurs dit que les filles québécoises étaient très intimidantes... Intéressant, ce serait donc nous les seules Amazones ici ! - Les gens sentent bons, même les aînés, pas comme parfois au Québec où je n'utilisais plus mon ophtalmoscope direct pour éviter la proximité de ceux qui sentent trop le vieux. Ici, c'est vraiment honteux d'être négligé. - Ils ont tellement l'air plus âgés et usés que leur âge réel. Je ne sais pas si c'est le soleil ou si c'est parce qu'ils travaillent très fort dans des conditions difficiles. Sans doute les deux. - L'entraide et le souci des gens envers leur prochain. - La beauté du ciel étoilé vu du toit du bateau sur le fleuve. La Voie Lactée qui porte vraiment son nom en ressemblant à du lait renversé. La musicalité des bruits de ce qui reste de la forêt. - L'autre musique et la danse obligatoire jusqu'à la surdose. Les chansons locales aux paroles vulgaires et indécentes répétées ou pire, mimées, par les jeunes enfants des communautés. Être culturellement bruyant. - Que de prodiquer des soins visuelles ici est assez frustrant, parce qu'on est tellement impuissants pour la suite. Ceux qui n'ont pas d'argent deviennent aveugles ou meurent alors que la technologie est juste à côté. - Que je ne veux plus revenir jamais à Itaïtuba, mais que j'aurais bien aimé visiter par les cinq jours de bateau Belem et/ou Manaus et les îles sur le fleuve Amazone inaccessibles autrement. L'invitation est donc lancée s'il y a des volontaires parmi vous pour une prochaine fois, même si c'est un truc très touristique, mais donc moins éprouvant que mes dernières semaines. - Quoi d'autre ? Hum, que je ressors d'ici moins précieuse que j'étais à vivre avec toutes ces bestioles et loin de notre petit confort occidental, à côtoyer ces gens au destin mille fois plus éprouvant que le mien. Que nous sommes vraiment choyées d'habiter le Québec. Que nos petits tracas ne sont que des poussières comparés aux problèmes d'ici. Qu'on ne choisit pas l'endroit de sa naissance ni celui de sa mort... Parce que je crois qu'Itaïtuba est comme une prison où l'on naît, mais dont on n'en sort pas vraiment, par manque d'éducation et de resssources. Il se peut d'ailleurs que l'aéroport d'ici ferme et que la seule voie d'accès devienne la boueuse et sablonneuse Transamazonienne... Nous y voilà donc, de retour bientôt dans le décor montréalais. Il me faudra reprendre mes habitudes. Puisque j'ai noté que lorsque je vous nomme, vous rappliquez, alors : Déjeuners tardifs : Frédérique, Annie C., le frerot. Équitation : Mél. T. (mais pas convaincue pour l'escalade, je me suis assez baladée ici...). Soirées : Cindy, Amal, Lina, Mél. P, Roni aussi. Ju pour le BBQ je ne suis pas certaine que ce soit en ce moment une bonne idée... Évidemment, on doit se prévoir une soirée pour échanger nos photos de voyage pour ceux concernés. J'en oublie certainement. Ne m'en tenez pas rigueur. Je vous réécrirai probablement de Rio, car demain et samedi, nous serons occupés. Nous devons tout ranger notre équipement et nous avons cette soirée samedi, ou plutôt cette nuit, de fête comme conclusion. À dans 12 jours ! Amazonie 25 juillet 2006Suite de mes aventures : Vendredi 21 Après une journée harassante, il faut vous informer tout bas que nous n'avons pas aidé notre cause jeudi soir car nous avons encore fêté obligés à la caipirinha et tenté de danser la samba pour souligner une seconde fois le départ de Fernando. C'est donc semi zombies que nous sommes embarqués à onze sur le bateau qui reconduit les participants quotidiens de notre étude à leur casa vers 17h. Le pont était déjà bondé. Nous nous sommes frayés un sentier entre la vingtaine de hamacs suspendus, les enfants se traînant à quatre pattes, leurs parents et les autres, pour se rendre à la cale et enfin accrocher les nôtres. Nous avons passé la soirée à nous faire bercer par les vagues à la hauteur de l'eau. Une ampoule incandescente jaune vacillait pour seul éclairage car les astres étaient dissumulés par un fort orage équatorial. Il y avait aussi ce bruit assourdissant de moteur promettant l'insomnie que je tentais de camouffler avec mon baladeur et Malajube, car j'ai de plus en plus besoin de mon québécois et je ne ris plus de mon autre seul album ainsi. Il n'y avait rien à faire sauf lire, écrire ou déranger son voisin cordé d'à côté. La mienne était Edenilza notre traductrice d'examen visuel... c'est qu'elle ne parle que deux langues, le portugais et le langage universel des signes. Donc les conversations s'avérent plutõt brèves avec elle. Puis pour les bouquins, j'ai tellement lu depuis ce mois que je pourrais vous écrire une critique littéraire, mais là n'est point mon but. Je n'osais pas me promener sur le bateau. Il pleuvait si fort qu'il y avait des risques de se faire de nouveaux copains, comme une grosse tarentule qui m'a escaladée et que j'avais prise pour le frottement d'une corde de hamac ou cette cucaracha juteuse que j'ai involontairement piétinée... Donc je ferme les yeux, je m'endors j'espère.
Samedi 22 Réveil par la dure lumière du soleil amazonien miroitant sur le fleuve. Surprise, nous n'avons pas très bien dormi. Nous avons déménagé sur le pont au milieu de la nuit lorsque les gens furent reconduits. Il y avait tous ces bruits étranges d'animaux vaguant non identifiés et aussi de singes et de coqs dégénérés criant sans soleil. Nous sommes allés pour la deuxième fois nous balader vers des chutes d'eau. J'ai cru qu'on blaguait, mais lorsque j'ai constaté que j'allais rester seule sur le bateau, j'ai dû aller. Un étang de boue a englouti l'une de mes sandales et je me suis blessée de marcher de ce pied nu. Candace avait l'air de sortir de l'un de ces combats de filles en bikini dans la boue tellement elle était salie. Rendus aux chutes qui faisaient surtout office d'abreuvoir, un orage nous a chassé et nous sommes retournés au bateau. Quelle balade déplaisante avec ces idées de Brésiliens... J'ai quelques photos que je ne peux vous envoyer ce soir, car c'est la panne d'Internet à la maison. Comme les averses sont ici bien courtes, nous avons plongé dans les eaux chaudes du Tapajos, puis plus tard du haut du bateau, nous avons regardé le spectacle hypnotisant des dauphins jacasser jusqu'à la pénombre. Je ne peux dire quelle espèce examinait l'autre d'ailleurs.
Dimanche 23 Réveil par des hurlements portugais rudes et sans considération, voici notre ambiance de groupe, mais je crois qu'être bruyant est ici culturel. Nous avons passé l'avant-midi à flotter sur des airs vulgairement indécents de la musique locale jouant encore trop fort. C'était pour nous comme une surdose insoutenable. Après le lunch, Candace et moi avons emprunté la petite barque de secours pour fuir au plus vite cette ambiance chaotique, soit le gros bateau. Le moteur était désuet, dangereusement sans couvercle et il calait à tout instant. Carlos a pris le relais pour conduire, à la brésilienne, c'est-à-dire le plus rapidement possible et dangereusement, sur l'eau comme sur la terre donc. Après plusieurs palpitations cardiaques à anticiper de chavirer, nous nous sommes arrêtés en plein milieu du fleuve. Il devait y avoir à cet endroit un kilomètre séparant les deux rives et je n'imagine pas la profondeur habitant les piranhas, les communautés de dauphins et les requins. L'eau était encore presque bouillante. Avec nos bouées, nous nous sommes immergés jusqu'à ratatiner. Le silence de nos discussions était tellement bon. En fin d'après-midi, nous nous sommes baladés dans la communauté des gens avec lesquels nous travaillerons lundi 24, Santa Cruz. C'était tout petit bien que ce soit l'une des plus importantes, et très archaique. Un semblant d'un autre siècle, toutefois trahi par les antennes de satellite pour la télévision ressemblant à des champignons géants dispersés un peu partout. Nous avons dormi sur le pont avec une vingtaine de ces amazoniens pour le voyage du retour qui a duré 8 heures. Je me suis allongée sur le dos sur le toit du bateau avec Candace et Carlos pour admirer une dernière fois la Voie Lactée vue de l'équateur, car de la maison, ce n'est pas aussi beau ni poétique. Je me suis sentie plus petite qu'une goutte d'eau dans cet océan qu'est notre univers, si loin de vous, de Montréal, perdue dans cette indescriptible immensité. Amazonie 20 juillet 2006Alors donc pour les manchettes quotidiennes : Nous sommes retournés avec le jeune homme qui souffre de glaucome pour le faire inscrire sur la liste d'attente des services médicaux gratuits brésiliens. Ici il y a au mieux deux ans d'attente seulement pour être vu une première fois et je conçois que les morts entre-temps sont inclus dans ce délai. Il se nomme Efrin, 18 ans et il ne savait pas comment ouvrir une portière de voiture, ni baisser la fenêtre le pauvre, il en était tellement gêné. Ce qui signifie qu'il n'a pas dû se balader souvent en automobile. C'est étonnant comment certaines choses prises pour acquises chez nous appartiennent à une planète éloignée ici. Fin de l'histoire d'Efrin donc, nous avons vraiment fait tout ce qui était en notre pouvoir pour le faire soigner. Nous avons encore examiné de ces personnes légalement aveugles à qui nous redonnons subitement la vision avec de simples lunettes. Nos gens des communautés sont tellement simples. Ils dégagent quelque chose de spécial et de flagrant difficilement descriptible, qui s'apparente à une déconcertante pureté, car vraiment aucune méchanceté n'émane d'eux, aucun sentiment négatif. Ici, tout le monde est égal et vit dans une communauté où il est primordial de s'entraider pour survivre. Chacun y trouve sa place. Les vieux sont heureux et fiers d'être vieux car ils jouissent du respect de toute une vie accomplie. Les enfants sont existants et sereins sans ritalin. Les femmes qui allaitent ne se cachent pas et en sont fières. Il y a ce souci constant du bien-être de l'autre, à mille lieux de chez nous. Moi je me dis que leur vie doit y être difficile, peut-être qu'eux nous plaignent au fond en nous observant. Le bonheur est relatif, le malheur aussi. Nous sommes encore retournés au resto hier, avec au menu du très bon poisson comme toujours, pour souligner le départ prompt de Fernando demain pour Sao Paulo, cette ville que j'avais trouvé totalement hideuse. Il faut comprendre qu'il y a là 24 millions de personnes finalement, ce qui est presque le Canada en entier dans une seule cité. Nous nous sommes baladés ensuite un peu et un petit gars de 15 ans si petit que je croyais qu'il en avait 12 et qui se nomme Evorton et non Avorton OUps. C'est qu'il n'a pas dû manger assez de protéines. Il nous a abordés parce qu'il croyait que Candace était propriétaire d'une boutique de tatouages et qu'il en voulait un comme elle. Nous avons tellement rigolé que ce fut la blague de la soirée... Fernando doit passer un concours pour avoir une promotion de prof à son université, c'est pour cette raison qu'il nous quitte si vite, si je comprends bien. Nous le retrouverons à Rio dans une semaine. Il est vraiment chouette avec nous, il a planifié toute notre semaine et nous a aidées à louer un appartement pour ce temps. Nous irons au stade voir une partie de soccer, j'ai hâte de constater l'ambiance. Nous irons aussi nous promener à Buzos (est-ce bien écrit) et à Copacabana qui ne serait pas si chouette que ça, etc. Até logo, Annie Amazonie 18 juillet 2006Hier soir, j'étais en pyjama, mon vert menthe picoté avec des bisoux roses et Betty Boops sur le devant, quand Carlos et Marsio ont subitement eu envie de s'enfuir de la maison et m'ont convaincue aisément. Nous sommes allés prendre une bière brésilienne au centre-ville d'Itaïtuba. Il y a depuis cette fin de semaine une fête forraine en bordure du fleuve pour célébrer la fête de Ste-Anne. C'est assez horrible comme ambiance, pire que Old Orchard aux États-Unis avec des manèges dangereux de 1920 qui vont à toute vitesse sans mesure de sécurité telles que des ceintures ou des réglement de ne pas se lever debout et danser pendant que tout tournoie par exemple, sauf que ce n'est pas pour les touristes. Il n'y en a aucun ici, que des affiches de Jésus partout, mais bon. Nous n'avons pas fait de tour de manège donc. Au retour, mes deux compères tenaient à essayer de tirer à la carabine à plomb pour me gagner des prix, vous savez, ces hommes brésiliens... Ils n'ont rien gagné comme prix. Au dernier projectile, ils m'ont convaincue de tirer et j'ai remporté deux pris en un plomb, un pour chacun. Ça c'est parce que j'ai déjà reçu des cours de tirs de BJ, je ne savais pas que ça m'aurait été utile à l'autre bout du monde à ce moment.
Et puis aujourd'hui, nous avons accompagné notre jeune homme d'hier sur la voie de la cécité à la clinique d'ophtalmologie. Le projet de recherche a payé la consultation pour lui. Le médecin était épeurant, il avait l'air d'un vieil alcoolique. Il lui a prescrit du timolol bid à vie dans son bon oeil et il le reverra gratuitement dans un mois. Je ne sais pas si le Xalatan est connu ici et je ne m'imagine même pas les résultats de trabéculectomies, ce qu'il aurait probablement reçu comme traitement au Québec. C'est dire que nous pourrions être des ophtalmo réputées ici... J'étais heureuse car au moins il recevra des soins grâce à nous et qu'on évitera ou du moins retardera sa perte de vision. Si me perdre à l'autre bout du monde peut servir à aider ne serait-ce qu'une personne, et bien j'en partirai satisfaite.
J'ai trouvé des gouttes antibiotiques cachées dans notre trousse pour sauver l'oeil de notre chaton E.T. en espèrant que les chats métabolisent le vigamox...
Alors c'est tout. J'écris beaucoup, c'est que certains d'entre-vous me l'ont demandé, c'est aussi pour permettre à notre JP de poursuivre le voyage d'une certaine façon avec nous, c'est aussi parce que j'adore vous écrire. Je n'ai reçu aucune plainte formelle encore, mais si quelqu'un trouve que c'est déplaisant, prière de me le communiquer afin d'être retiré de cette liste. Je pense entre autre à un certain écureuil (je me comprends, ne vous en faites pas je ne souffre pas d'insolation).
Merci pour les invitations de souper au barbecue à mon retour, merci de vos réponses, ça me permet de me souvenir que Montréal n'est pas cette terre paradisiaque abstraite et perdue.
Annie, qui admire encore la beauté des étoiles sans aucun décalage horaire avec vous. C'est que le soleil se couche subitement à 18h près du milieu de la planète et qu'il se lève tout aussi brusquement à 6h. Amazonie 17 juillet 2006Aujourd'hui, ce fut un lundi comme les autres, soit bleu brésilien. Ellen nous a quittés ce matin. Le chat est parti, la souris peut danser. Pour nos petites histoires de groupe, Carlos est surnommé le lion depuis la nuit où il a littéralement rugit en étant malade et il en est fier. Moi je suis toujours la maluca Pioupiou. On continue de faire des farces plates sur Flageolas et moi, ce qui crée un certain malaise, mais il y a de moins en moins de monde pour faire hahaha. Il y a Awazon qui chante des chansons que Candace décrit comme fromageuses avec raison, sur la scenette de son bar pour Myriam en disant aux spectateurs que certaines sont pour tuer le lion... c'est que Carlos est l'ex de Myriam. Carlos ne nous accompagne d'ailleurs jamais si Awazon est dans le décor. Il y a toujours ces deux chatons que nous avons recueillis à la maison, dont l'un est en voie de perdition. Il ressemble à E.T., il ne grossit pas et il a une infection à un oeil en plus de ne plus avoir de maman. Côté opto, il y a eu ce jeune homme de 19 ans avec une dégénérescence oculaire du segment antérieur, un glaucome final à l'oeil droit sans perception lumineuse et l'oeil gauche amoché aussi à 6/12, sur la voie de la cécité quoi. Ce cas nous a vraiment touché, puisque c'en est presque un de basse vision et qu'il était tellement jeune pour perdre la vision, donc tout son peu d'avenir brésilien. Probablement que si ce jeune homme était Canadien, on pourrait stabiliser ou du moins le tenter, sa vision. L'équipe vérifiera si on peut l'aider en communiquant avec certaines personnes influentes à Belem. Tout est corrompu ici, il faut avoir de l'argent ou connaître des personnes influentes, c'est à se rendre malade et rugir. Ici, pas d'Hôpital Maisonneuve-Rosemont pour y envoyer en urgence nos gens en ophtalmologie. Pas d'aide aux études aux semi-voyants, encore moins de télévisionneuse à 3 000$ payée par la RAMQ. Je ne trouve pas ça évident de possèder les connaissances pour poser mes diagnostic et connaître la suite du pronostic si rien ne peut être tenté. En fait, c'est même assez frustrant de se sentir aussi inutile et impuissante, de lire un regard préoccupé écrit en langage universel lorsqu'on annonce tout ça. Il qui croyait que sa mauvaise vision était due à une baignade intrépide et il n'a évidemment pas l'argent pour obtenir des soins, alors que la technologie est flagrante et juste là, comme pour nous narguer. J'espère fortement qu'il n'ira pas se suicider. Pour cette raison, je n'aime pas le Brésil, pays de corruption et d'injustices sociales. Je suis choquée, je le décris comme pays de fous et fou n'est pas dans le sens positif cette fois. Nous sommes vraiment plus que choyés d'être Québécois. Bref, dans une semaine, ce sera selon les prédictions l'une des meilleures car tout le monde se quittera ensuite. J'ai très hâte à vendredi, nous repartons vers les communautés en bordure du fleuve qui sont inaccessibles autrement, car assez lointaines et pas de route terrestre, puis nous revenons lundi matin. Ce sera trois nuits aux centaines de belles étoiles dans nos hamacs sur le bateua en écoutant la musique de ce qui reste de la forêt, ce sera mieux que ce lundi azuré. À bientôt, Annie Amazonie 16 juillet 2006Donc aujourd'hui journée de farniente, nous sommes allés dormir toute la journée sur une petite plage. Il faisait comme toujours très chaud et humide et l'eau était encore plus chaude que l'air, mais nous étions bien comme dans un bain. Les eaux du Tapajos, ce principal tributaire de l'Amazone, ne sont pas salées et ne contiennent pas de méduses gélatineuses qui piquent désagréablement comme dans l'océan. C'est vraiment agréable d'y faire trempette, d'autant plus que je n'ai pas vu de poisson chien susceptible de déguster mes orteils. Nous n'avons pas pu pêcher, ça se fait au harpon ici car les poissons sont plus lourds que moi... Puis, nous pouvons parfois apercevoir deux différentes espèces de dauphins. C'est l'un des rares endroits au monde, peut-être le seul, où cet animal vient se promener en eau douce. D'ailleurs, il y a pleins de légendes locales charmantes et moins à leur sujet. Par exemple, lorsqu'une fille d'ici tombe enceinte et que le père ne veut pas prendre ses responsabilités, la famille de cette fille dit à tout le monde que le père est un dauphin, même si tout le monde sait c'est que c'est le fils du voisin d'en face, pour éviter les chicanes. Et puis, lorsqu'un dauphin est tué par un humain, il y a aussi cette histoire qu'un homme décédera de la même façon d'ici l'aurore, donc ça porte malheur et c'est bien tant mieux. La plage était toute petite, il y avait une petite communauté de gens issus de favelas, Panara Miri je crois, juste en face. Nous y avons accédé par bateau. Il y avait encore des papillons multicolores, limes, blancs et orangés, par troupeaux et le sable était poudreux et doux. Nous avons mangé notre troisième repas de poisson de suite, c'était très bon encore, mais je commence à me lasser de manger toujours la même chose. J'ai maigri, moi qui croyais que mes vêtements avaient agrandis par le lavage à la main... Il va falloir que je mange plus de crème glacée alors. Amazonie 15 juillet 2006Toujours moi, sur l'Internet dans les temps morts. Je n'aurais jamais cru me retrouver à l'autre bout de la planète où il fait +40C avec humidité en écoutant Malajube Montréal -40C dans mon baladeur électronique et en souhaitant être à Montréal durant l'hiver. Que voulez-vous, je vous ai déjà écrit que je deviens peu à peu la Maluca. Il fait terriblement chaud, tout est sablonneux et on doit se doucher au minimum deux fois par jour. Nous nous sommes baladés en ville, soi l'autre face de la Terre, en lèchant des sorbets aux fruits locaux étranges mais délicieux : cupuaçu, axai, etc. Cette ville est hideuse en son centre, gorgée de magasins qui ressemblent tous à des magasins 1$ où de la pacotille y est vendue. Elle a été créée par les chercheurs d'or. Maintenant qu'il n'y a plus d'or jaune depuis des années, l'or vert y est coupé, les arbres d'essence rares. Pleins d'étrangers y viennent pour faire fortune. On les reconnaît à leur VUS ou camionettes dispendieuses, sur lesquels sont toujours aposés ce petit auto-collant Dehors GreenPeace, l'Amazonie au Brésiliens, sans commentaire. Aussi, je commence à en avoir marre d'être cet oiseau exotique. Je sais bien que ce n'est pas méchant, mais je me sens comme une bête de cirque, j'imagine que c'est mieux en positif que négatif. Elleen, une Américaine de Baltimore qui supervise une partie de notre projet de recherche, est de passage à Itaïtuba. C'est donc le calme plat ici et on mange soudainement la meilleure bouffe qu'il y a... être et paraître ou ne pas être, Awazon fut éloigné momentanément. Nous sommes sur notre départ pour un autre resto, cette fois plus chic, pour déguster du poisson avec dentier inclus cuit sur le charbon encore. J'en ai assez aujourd'hui d'entendre seulement la musique brésilienne, vivement Malajube -40C, le français et l'hiver. Amazonie 14 juillet 2006Boa Tarde Je commence a perdre ma perception spatio-temporelle, c'est plutot etrange comme sensation. J'oublie quel jour nous sommes, j'oublie le matin en me reveillant que je me trouve dans une region bresilienne perdue et je me crois parfois pour quelques secondes a Montreal juste avant d'ouvrir les yeux. Le temps s'ecoule plus rapidement que je ne l'aurais cru d'abord. Je n'ai pas ecoute la chanson 8 de Dee cette semaine, je n'ai pas voulu m'enfuir de l'autobus lorsqu'on a passe devant l'aeroport ce matin. Je ne hurle plus lorsqu'il y a des insectes de la taille d'un oiseau sous la douche et je ne suis presque plus devoree par ces quasi animaux feroces. Je commence plutot a bien m'y faire a ce style de vie simple, j'imagine que c'est bon signe et que je n'en apprecierais que davantage mon Montreal. Marsio a tente de me faire un compliment : you're a very nice gringo girl... Ah, et bien obrigada, j'en suis tres flattee. Ca m'a fait rire parce qu'il voulait sincerement etre gentil. Hier soir, on a decouvert une autre petite terrasse sur le bord du fleuve, vraiment dissimulee, il faut etre du coin pour connaitre. Comme nous n'avons rien a faire en soiree, la caipirinha coule a flot et je commence finalement a ne plus avoir honte de mes pas de danse. La danse ici est congenitale, elle remplace la television j'imagine, ce qui est plus interessant. On a une vedette dans notre groupe, en l'occurence le serieux Fernando, un paradoxe. On m'a aussi explique que lorsqu'on a plus de 20 ans et qu'on danse seule, c'est qu'on est attardee. Que si un gars ne sait pas danser avec une fille, c'est qu'il est un loser ou un shemale (gai), que les filles n'ont pas besoin de savoir bien danser, parce que ce sont les gars qui conduisent. Encore un truc de macho, mais je vous ai appris que je leur avais accorde ce droit pour avoir transporte nos litres d'eau pour 20 personnes durant 4h de marche ce dimanche. Je pense a nos hommes de Montreal, mon comparatif, s'ils entendaient ca... Et puis a la maison on parle maintenant le frantuglais (francais, portugais et anglais). Je n'ai plus de probleme avec Flageolas, je pense qu'il a compris sans explications verbales, je vous ai ecrit qu'il etait plus qu'integre. On commence un peu a devenir tous fous ici, avec cet effet de proximite de groupe qui ne m'atteint pas seulement moi. Je ne suis plus PiouPiou, mais surnommee Maluca (folle), mais aussi Carlos et Marsio, Maluco. Myriam affirme qu'on est tous des personnages dans ce groupe, je crois qu'elle n'a pas tord. C'est un des effets secondaires de la recherche sur le cerveau des scientifiques, peut-etre. Le matin, Candace se leve a 5h, au secours !!! Deja qu'on doive etre au poste pour 8h et que j'avais fait changer mes horaires pour travailler de 15-20h a Montreal pour me lever tardivement... J'ai renonce a m'y faire a ces reveils tot, je suis un cas desespere et je m'assume d'etre toujours endormie. Bref, avec Maria durant leur marche matinale, ce qu'elles sont courageuses, elles ont trouve deux minuscules chatons que nous avons adoptes temporairement. Il faudra les confier a d'autres lorsque nous partirons d'ici, deja dans deux semaines. Nous achetons nos billets d'avion pour Rio ce soir. Dimanche, nous irons en bateau sur le fleuve pour aller revoir les dauphins et peut-etre pecher. Myriam veut que je lui montre comment... C'est que je ne suis pas habituee de pecher des poissons avec des crocs moi et qu'ils doivent manger autre chose que des vers de terre et des mouches en plume, des morceaux d'humains entre autre. De toute facon, je ne tiens pas a empaler des vers de terre amazoniens, ils doivent etre immenses comme tout le reste ici, beurk. Ate logo Annie PS Jean-Paul P : tout le monde ici demande de tes nouvelles et pense a toi. Comment vas-tu. Amazonie 12 juillet 2006Par ce milieu de semaine amazonien, voici les dernieres nouvelles : Hier nous avons eu un patient tout maigre avec la tuberculose selon notre infirmiere. En tant qu'optos, nous avons opte pour le moins de contacts possibles avec lui d'autant plus que sa vision etait relativement bonne. Comme les conditions sont definitivement insalubres ici, il n'y a que de l'eau courante ponctuellement pour se desinfecter les mains, nous avons saute l'examen sous dilat pour ne pas contaminer les autres et nous-memes. Ceci a cree tout un emoi. Nous nous ferons tester au retour. Nous l'avons fortement encourage a voir un medecin, sous peine de mourir bientot, il avait tellement l'air mal en point. Il a repondu qu'il allait vendre de ses possessions et qu'il irait ensuite consulter quand il aurait accumule l'argent necessaire pour se faire soigner. Dire qu'on se plaint de notre systeme de sante au Quebec... Ce matin nous avons ete envahis par les journalistes bresiliens, c'est qu'ils sont aussi emmerdants et chiants qu'au Quebec, le phenomene de deformation des faits est global. On explique A et ils ecrivent Z, selon ce qui leur convient et non de facon objective. On m'a demande de faire semblant de faire un examen a Edelnilza, avec les filtres verts et cobalt du BIO et ma blancheur, plus mon accent incomprehensible, j'imagine que ca paraissait exotique pour eux. Bref on passera aux nouvelles de ce soir, je n'aurai jamais cru qu'on deviendrait des vedettes amazoniennes. Et puis, il y a cet effet de proximite de groupe qui continue a etre deplaisant, maintenant avec des teintes a la stupide emission loft story si vous voulez, qui me rend entre autre moi-meme mal a l'aise. Ce que j'ai hate de revenir a Montreal pour cette raison. On fait maintenant des blagues a propos de moi et un collegue tres integre que je ne nommerai pas par respect, c'est parce que ca ne clique tout simplement pas pour moi meme s'il est theoriquement un homme ideal et vous imaginez la suite. J'ai beau etre toute laide, toujours en gougoune, mal habillee et ne plus me raser les jambes, ne plus soigner mes cheveux, on dirait maintenant d'ailleurs que j'ai des dreadlocks, et etre toujours endormie, il fallait que ca m'arrive quand meme. Moi je suis Pioupiou et lui Flageolas, ca c'est le chat Sylvestre en Portugais, et tout le monde fait hahaha !!! Dire que j'etais venue ici un peu pour mediter sur ma vie affective, faire le vide et avoir la paix a ce niveau. Je n'ai pas trop envie de jouer au chat et a l'oiseau, meme si Tweety est invicible et qu'il ne s'est jamais fait attraper encore... Je passe plus de temps avec Marsio de Rio. On s'entend bien apres que j'aie decouvert qu'il peut lui aussi marmonner l'anglais. Il a les cheveux frises autant que moi, il est fou et surtout, il a une copine, donc il n'y a pas de poursuite et ca eloigne Flageolas quand je suis avec lui. Je ne me sens pas tres fiere d'agir ainsi parce qu'il est plus que gentil, mais c'est la vie. Il y a de ces choses qu'on ne peut expliquer, pourquoi ca clique ou ca ne clique pas. Il y a aussi d'autres potins. Myriam nous laisse souvent seuls pour son rejoindre son tenancier de bar amazonien, c'est chouette pour elle sauf quand elle est en charge de la logistique de notre groupe. Ca cree des frustrations a cause de certaines attentes et responsabilites qu'elle a envers nous... Mais ce n'est pas si terrible, elle fait la plupart du temps de son mieux et de toute facon, sa superviseure de doctorat vient faire un tour bientot cette semaine. Alors pour accueillir la big boss, tout doit etre reglementaire... Voila donc les dernier nouvelles de notre petit groupe pour le moment. Au fait, Carlos n'a ete malade qu'une nuit intense, et de sa propre faute, car il avait melange caipirinha a tres forte teneur en cachaça et medicaments contre les amibes, ce qui est totalement contre-indique. Il fut vite remis sur ses pieds, il ne faut pas oublier qu'il est tout de meme de Santarem notre Carlos, donc qu'il a deja ses anticorps. Personne n'est malade en ce moment, croisons les doigts. Ate logo Annie Amazonie 10 juillet 2006Voici la suite de mes mésaventures amazoniennes... Vendredi, une patiente a cru que Candace était ma mère. C'est qu'elle a 30 ans et moi 25... Je ne savais pas qui de nous deux devait être insultée, alors moi et ma pseudo mère, on a rit. Le soir, comme Mélanie nous quittait samedi, nous sommes allés dans un petit restaurant très local déguster des poissons avec des dents, qui en fait ont l'air de canidés nautiques, cuits sur le charbon. Je me demande si ces poissons peuvent aboyer ou nous mordre quand on se baigne... C'était plus qu'excellent. Je ne vous ai pas encore mentionné que je commence a me contaminer aussi au mercure tellement le poisson est indescriptiblement bon ici, meilleur que le saumon, moi qui n'adore pas vraiment le poisson d'habitude au Québec. Ensuite nous avons terminé la soirée autour d'une habituelle caipirinha au petit bar avec les musiciens. Samedi, une minuscule dame âgée qui ne m'arrivait pas aux aisselles avec de microscopiques pieds et une peau toute crevassée nous a impressionnée, c'est dommage que je n'aie pas mon logiciel pour vous faire parvenir sa photo. C'est une mémé bionique de 84 ans, qui coquetement affirme avoir 64, qui continue de pecher pour se nourrir et qui a tout de meme une relativement bonne santé oculaire. C'est que 84 ans est très âgé ici avec les conditions de vie. Samedi soir, nous sommes allées voir les combats de jui jitsu. Nous avons finalement trouvé quelqu'un pour nous y accompager, Hila, une femme plus costaude que nos gars. Et puis les autres ont embarqué avec nous, nous étions sept en tout. C'était horrible, pathétique, moi qui aie déja suivi des lecons de kick boxing, je m'attendais a quelque chose de semblable et sérieux dans la technique. Le spectacle a commencé par la présentation de sexy machines, je croyais que c'était un boxeur, mais non. C'était un concour de miss, sauf qu'elles étaient âgées tout au plus de 15 ans et toutes semblables et il y en avait un essaim, ca ne se terminait pas de défiler. Ensuite, le premier combat était entre deux vrais homosexuels habillées en femme, je vous laisse imaginer, puis enfin des combats plus interessants, mais tout de meme barbares. Je me serais cru dans l'arène aux lions des histoires d'Astérix, un peu la même ambiance de ces dessins animés. Dimanche, nous sommes allés nous promener dans la forêt amazonienne, enfin je pourrai dire que j'y suis vraiment allée. Le but était d'atteindre une chute d'eau pour y passer la journée. Malgré notre guide, nous nous sommes égarés deux fois a l'aller et une fois au retour. J'ai pensé que si on ne retrouvait pas notre chemin, nous étions environ une vingtaine, autant de filles que de gars, nous formerions de force une nouvelle tribu pour survivre, puisque je ne crois pas sincerement qu'on aurait pu venir nous chercher tellement c'était perdu et lointain comme endroit. Peut-être qu'après des décennies, un explorateur aventureux nous aurait découverts en nous étiquettant comme la dernière tribu aborigène amazonienne (parce qu'ils croient toujours découvrir la dernière a chaque fois ces explorateurs, comme la semaine dernière par exemple). J'ai beaucoup d'imagination... J'ai aussi décidé de ne plus avoir de préjugés contre les machos brésiliens. Les nôtres ont porté toutes nos provisions et notre eau pour 20, ils nous prenaient dans leurs bras pour traverser les cours d'eau pour ne pas qu'on se mouille les pieds, etc. Alors après tous ces privilèges, je leur accorde leur droit a être macho. Les chutes n'étaient pas aussi superbes que je m'y attendais. Il y avait des moustiques géants que j'avais d'abord cru être de mignons colibris. Les arbres étaient immenses et les papillons multicolores. Le soir, nous avons dormi dans nos hamacs pleins de fourmis cannibales résistantes au chasse-insecte dans une petite ferme perdue quelque part dans cette forêt. Les cris de singes nous empêchaient de dormir, c'était plutôt inconfortable. On m'a surnommée Pioupiou. Candace croyait que c'était un mot d'amour, moi je croyais que c'etait parce que je puais arpès cette journee de marche, mais ca signifie Tweety en portuguais, vous savez pourquoi mais aussi parce que je sautais loin pour franchir les cours d'eau et qu'ils trouvent que j'ai une voix de Tweety quand je chante avec eux a la guitare, je me demande encore si c'est un compliment ou le contraire... Comme nous avons passé la nuit sur la corde a hamacs, aujourd'hui lundi, nous nous sommes rattrapés avec la sieste toute la journée. Demain, nous recommencons l'optométrie, plus que trois semaines avant de voir Rio et Fernando nous accompagnera finalement c'est confirmé. Je n'ai finalement pas fait de moto et ce n'est plus dans mes plans. Les casques sont des bols a soupe qui n'ont pas de visiere et tout est poussièreux et sablonneux... Les motos, des 200cc XR Honda toutes brisées avec des chaines seches apeurantes. Cependant, je suis devenue conductrice désignée pour la voiture-vésicule. Je suis une des rares capable de conduire manuellement presque confortablement sur l'autoroute transamazonienne ou parfois il n'y a qu'un seul véhicule qui puisse passer, l'autre devant s'immobiliser. Il n'y a pas d'asphalte et des trous immenses, des cotes comme le manege du Monstre a la Ronde, il faut eviter les planches de bois échappées par les camions de déforestation et par deux fois de ces camions renversés au milieu de cette route. Il faut aussi franchir des ponts a deux planches de bois sans tomber dans les rivières, je vous laisse imaginer le plus pire... Ate logo, Annie qui vous embrasse d'Amazonie Amazonie 7 juillet 2006Bom dia (prononcez Bondjia c'est presque comme bonjour) je regrette d'avoir apose des guillemets pour le mot terrasse la derniere fois que je vous ai ecrit. J'ai ete etonnee que ce soit un chouette bar dans cette ville perdue qu'est Itaituba. Myriam est copine avec le proprietaire, Harrison mais se prononce comme Awazon... Un Amazonien de 28 ans qui en parait 36, pere de trois enfants de trois femmes differentes (j'espere que notre Myriam ne sera pas sa 4e...), il parait que c'est commun ici. Il a une moto, il a propose de m'embarquer, mais il ne veut pas s'asseoir derriere et que moi je conduise, malgre mes supplications... L'orgueil male serait universel, je ne connais que Roni qui accepterais d'aller derriere et on sait pourquoi... Son bar est sur le bord du fleuve et il y avait des musiciens lives, vraiment talentueux. Ca fait du bien de savoir qu'on a une petite place pour prendre des caipirinha et ecouter la musique locale pour changer d'air. Le seul hic, c'est qu'il y avait des vieux degueux a cote de notre table, des entrepreneurs forestiers de 60 ans flasques et horribles, qui se croit tout permis parce qu'ils sont riches en cette region en exploitant les gens locaux et oú toute les filles sont pauvres. Comme je suis vraiment blanche et que etonnemment ici, c'est tres cool de ne pas etre bronzee, devinez la suite. Bof, je ne comprenais rien de ce qu'ils me disaient et c'est mieux ainsi. Melanie s'est fachee et elle les a envoye promener dans leur langue et comme le proprio est de notre groupe, ce fut suffisant. Cote opto, ca va beaucoup mieux pour la routine, assez tranquille. C'est tellement humide ici que les gens ont des champignons jusque dans le fond des yeux (histoplasmose). J'ai examine une dame aveugle sans lunette et a qui j'ai redonne une vision quasi parfaite avec un +3,00. Elle etait tellement contente, je crois que je suis devenue son idole. Ça fait etrange de se dire qu'une vieille dame amazonienne se rappellera de nous longtemps. J'imagine que ça compense pour les autres qui ont trop de pathologies oculaires pour qu'on puisse faire quoi que ce soit pour les aider et qui repartent deçus de leur journee de tests. Samedi, Candace veut aller voir les combats bresiliens, mais on a le defi de se convaincre de nos gars pour nous accompagner. Avec nos airs exotiques, ce ne serait pas une bonne idee d'aller se perdre lá toutes seules... Melanie nous quittera en cette journee, snif. Dimanche, on ira probablement se baigner et accrocher les hamacs dans un endroit ou il y a de belles chutes d'eau. On a finalement conge lundi, car Myriam avait prevu que le Bresil remporterait la coupe au soccer et que les gens allaient feter... mais a cause de la France et de Jean-Paul, vous savez, bref on a quand meme conge. Fernando nous accompagnera peut-etre pour Rio, ce serait genial. C'est un drole de type, 31 ans mais qui lui aussi en parait presque 40, toxicologiste genetique vraiment tres serieux et passionnant pour discuter biochimie et genetique, toujours habille en chemise, mais des qu'il y a de la musique, ce qu'il danse bien. Il a essaye de m'enseigner de force lui aussi, je vous epargne les details. Candace a eu droit a sa leçon obligatoire elle aussi, elle etait bien. Cette nuit derniere, notre Carlos a ete bruyamment malade le pauvre. Je me suis reveillee en sursaut en croyant que la maison etait attaquee, mais ce n'etait que lui qui vomissait, vous imaginez... Je vous ecris de la bibliotheque de notre endroit de travail que nous venons juste de decouvrir, youppi il y a deux postes Internet ! Ce fut presque conçu pour nous deux. Nous avons fait de la 8e chanson de l'album de Dee notre chanson theme de ce voyage, parce que Montreal nous manque toujours malgre tout et pour toutes les raisons que je vous ai expliquees precedemment. Bof, si je n'etais jamais venue jusqu'en Amazonie, je me dis que j'aurais vraiment regrette et ça aurait manque a ma culture et que Rio sera vraiment interessante a visiter, que nous passons tout de meme de bons moments. Ate logo, Annie |
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